{"id":1777,"date":"2014-07-13T13:59:18","date_gmt":"2014-07-13T13:59:18","guid":{"rendered":"http:\/\/tempsobert.pfdorado.com\/wp\/?p=1777"},"modified":"2014-07-13T13:59:18","modified_gmt":"2014-07-13T13:59:18","slug":"26-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tempsobert.pfdorado.com\/wp\/blog\/2014\/07\/13\/26-4\/","title":{"rendered":"26"},"content":{"rendered":"<p><em>Sc\u00e8ne cinqui\u00e8me<\/em>, INQUI\u00c9TUDE<\/p>\n<p><em>Assez t\u00f4t le lendemain matin, nous voyons Jeanne gravir une colline couverte de hautes herbes, avec \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 la jeune Sophie. Le ciel est clair et seuls quelques nuages viennent de temps \u00e0 autre projeter leurs ombres sur le chemin de nos deux protagonistes. Jeanne porte sur son \u00e9paule un panier en osier rempli de linge tandis que Sophie a entre les mains un \u00e9pais sac en coton. Elles n&#8217;\u00e9changent nul mot jusqu&#8217;\u00e0 ce que se profile devant elles une petite rivi\u00e8re \u00e0 l&#8217;or\u00e9e d&#8217;une for\u00eat, dont le lit ainsi que les berges sont couverts de galets.<\/em><\/p>\n<p><em>Jeanne, s&#8217;agenouillant au bord du cours d&#8217;eau<\/em> &#8211; Nous y voil\u00e0. Veux-tu bien me passer le savon ? Et t\u00e2chons de faire cela rapidement, nous avons mille choses \u00e0 faire aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p><em>La jeune fille s&#8217;ex\u00e9cute silencieusement et s&#8217;agenouille au c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re. Piochant dans le sac, Jeanne se saisit du bloc de graisse v\u00e9g\u00e9tale saponifi\u00e9e puis le plonge dans l&#8217;eau avant de frotter vigoureusement le premier v\u00eatement du panier \u00e0 l&#8217;aide de celui-ci. Imitant sa m\u00e8re, Sophie prend part au rituel m\u00e9canique du lavage. Apr\u00e8s un bon moment, Jeanne laisse les derniers v\u00eatements du panier au soin de sa fille et s&#8217;assied sur la plage de galets pour se reposer. <\/em><\/p>\n<p><em>Jeanne, reprenant son souffle avec peine <\/em>&#8211; Est-il vraiment n\u00e9cessaire que je m&#8217;\u00e9chine de la sorte ? Si ton p\u00e8re ne repara\u00eet gu\u00e8re, qui pourra bien se r\u00e9jouir de la propret\u00e9 de nos habits ? Qui se r\u00e9jouira des soins que je porte \u00e0 notre confort ? Qui sera l\u00e0 pour donner un sens \u00e0 toutes ces peines que je me donne ? &#8211; <em>Le silence s&#8217;installe et l&#8217;on entend davantage les oiseaux produire leur rengaine matinale <\/em>&#8211; Nous ne ferions pas long feu en tout cas. Il ne nous resterait plus qu&#8217;\u00e0 d\u00e9p\u00e9rir lentement dans l&#8217;attente, puis \u00e0 dispara\u00eetre dans ces bois \u00e0 la recherche de nourriture et enfin, lasses de notre vaine chasse, nous ne serions plus que d&#8217;invisibles ectoplasmes hurlant que nous n&#8217;avions eu notre mot \u00e0 dire concernant notre sort. Alors, au fur et \u00e0 mesure, perdant de vue la cause de nos tourments, nous cesserions d&#8217;exister puis trouverions quelque repos dans le n\u00e9ant qui environne cette maudite \u00cele. &#8211; <em>Quelques instants passent <\/em>&#8211; Cette id\u00e9e ne t&#8217;effraye-t-elle pas ?<\/p>\n<p><em>Sophie ne semble pas r\u00e9agir ; elle finit d&#8217;\u00e9tendre les derniers v\u00eatements sous les rayons du soleil naissant puis se redresse, se d\u00e9shabille et court \u00e0 l&#8217;eau. L\u00e0, elle tourne gracieusement sur elle-m\u00eame tout en \u00e9claboussant alentour, si bien qu&#8217;elle para\u00eet danser au c\u0153ur du tumulte dont elle est la cause. Jeanne ne la regarde que bri\u00e8vement et plut\u00f4t, ses yeux inquiets se fixent sur la berge d&#8217;en face o\u00f9 un corbeau fracasse contre un rocher la coquille d&#8217;un escargot prisonnier de son bec.\u00a0 \u00a0 <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sc\u00e8ne cinqui\u00e8me, INQUI\u00c9TUDE Assez t\u00f4t le lendemain matin, nous voyons Jeanne gravir une colline couverte de hautes herbes, avec \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 la jeune Sophie. Le ciel est clair et seuls quelques nuages viennent de temps \u00e0 autre projeter leurs ombres sur le chemin de nos deux protagonistes. Jeanne porte sur son \u00e9paule un panier en osier rempli de linge tandis que Sophie a entre les mains un \u00e9pais sac en coton. Elles n&#8217;\u00e9changent nul mot jusqu&#8217;\u00e0 ce que se profile devant elles une petite rivi\u00e8re \u00e0 l&#8217;or\u00e9e d&#8217;une for\u00eat, dont le lit ainsi que les berges sont couverts de galets. Jeanne, s&#8217;agenouillant au bord du cours d&#8217;eau &#8211; Nous y voil\u00e0. Veux-tu bien me passer le savon ? Et t\u00e2chons de faire cela rapidement, nous avons mille choses \u00e0 faire aujourd&#8217;hui. La jeune fille s&#8217;ex\u00e9cute silencieusement et s&#8217;agenouille au c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re. Piochant dans le sac, Jeanne se saisit du bloc de graisse v\u00e9g\u00e9tale saponifi\u00e9e puis le plonge dans l&#8217;eau avant de frotter vigoureusement le premier v\u00eatement du panier \u00e0 l&#8217;aide de celui-ci. Imitant sa m\u00e8re, Sophie prend part au rituel m\u00e9canique du lavage. Apr\u00e8s un bon moment, Jeanne laisse les derniers v\u00eatements du panier au soin de sa fille et s&#8217;assied sur la plage de galets pour se reposer. Jeanne, reprenant son souffle avec peine &#8211; Est-il vraiment n\u00e9cessaire que je m&#8217;\u00e9chine de la sorte ? Si ton p\u00e8re ne repara\u00eet gu\u00e8re, qui pourra bien se r\u00e9jouir de la propret\u00e9 de nos habits ? Qui se r\u00e9jouira des soins que je porte \u00e0 notre confort ? Qui sera l\u00e0 pour donner un sens \u00e0 toutes ces peines que je me donne ? &#8211; Le silence s&#8217;installe et l&#8217;on entend davantage les oiseaux produire leur rengaine matinale &#8211; Nous ne ferions pas long feu en tout cas. 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